Le président kényan William Ruto a récemment fait don de 183 millions de francs CFA (environ 280 000 euros) à plusieurs églises évangéliques. Présenté comme un geste personnel, ce financement suscite de vives critiques, certains y voyant une stratégie électorale déguisée. Cette polémique est d’autant plus marquée que Ruto avait lui-même dénoncé, il y a moins d’un an, le financement des lieux de culte par les responsables publics, qualifiant cette pratique de source de corruption.
Parmi les bénéficiaires, le Jesus Winner Ministry a reçu 20 millions de shillings (plus de 142 000 euros), avec la promesse de fonds supplémentaires. Cependant, ces largesses interviennent dans un contexte social tendu, marqué par des manifestations réprimées contre l’augmentation des taxes et la corruption. L’opinion publique se divise : certains défendent la liberté du président de faire des dons, tandis que d’autres demandent des comptes sur l’origine des fonds.
Au Kenya, les liens entre politique et religion sont étroits, les lieux de culte étant souvent des espaces de mobilisation électorale. Malgré les critiques et l’interdiction récente faite aux politiciens d’utiliser la chaire pour des annonces financières, Ruto affirme qu’il poursuivra ses actions, assurant vouloir « soutenir les églises ».