Aux États-Unis, face à l’angoisse des expulsions sous l’administration de Donald Trump, des immigrés sans papiers comme Rosario, une Hondurienne de 35 ans, trouvent un espoir dans des moyens numériques tels que WhatsApp pour éviter les raids de l’immigration.
Depuis janvier 2025, la vie de Rosario est marquée par la peur constante d’être séparée de ses deux enfants et expulsée. Elle se cache dans son studio à Washington, un espace décoré de ballons d’anniversaire et de peluches, mais où la tension est omniprésente. Son principal lien avec l’extérieur est un groupe WhatsApp où elle reçoit des alertes sur la présence des agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) dans la capitale américaine.
Grâce à ce groupe, composé de migrants et de leurs soutiens, Rosario suit des informations, parfois fiables, parfois non, sur les endroits où les autorités ont mené des interpellations. Ces alertes lui permettent de planifier ses déplacements avec plus de précaution, comme celui de se rendre au travail ou au supermarché.
Un message récent a ainsi indiqué une présence de l’ICE dans le quartier de Mount Pleasant, avertissant les membres du groupe d’une arrestation en cours. Même si l’information peut s’avérer erronée, elle sert de guide dans un environnement où la peur règne. Pour Rosario, ces messages lui apportent une forme de sécurité mentale, bien que l’angoisse demeure.
Ce climat de peur est amplifié par des rumeurs persistantes concernant des raids visant également les écoles, une idée que l’administration Trump a récemment évoquée, en déclarant que les établissements scolaires, les églises et même les hôpitaux ne seraient plus considérés comme des zones protégées pour les immigrés.
Cependant, malgré les inquiétudes, des enquêtes ont révélé que certaines vidéos montrant des arrestations étaient des fausses informations, une réalité que les sans-papiers doivent naviguer dans un océan de rumeurs et de désinformation. Selon un responsable d’un groupe de soutien aux migrants, il est difficile de distinguer le vrai du faux, ce qui alimente encore davantage la peur.
Pour beaucoup de sans-papiers, la désinformation crée un vide d’informations fiables, entraînant une inquiétude constante et le choix de se cacher, y compris de retirer leurs enfants de l’école. Elizabeth, une mère de cinq enfants, préfère se fier à son instinct et reste vigilante, mais refuse de se laisser submerger par des messages non vérifiés.
«Quand on ne sait pas ce qui se passe, c’est la peur qui l’emporte », dit-elle, ajoutant que la désinformation amplifie cette crainte. Pour elle, et pour d’autres sans-papiers, l’absence d’une information claire et fiable est plus accablante que l’absence d’action.
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Bien que les expulsions sous Trump aient augmenté, les vols de rapatriement semblent n’avoir pas atteint les objectifs escomptés et le nombre d’arrestations reste similaire à celui observé sous le président Biden. Néanmoins, les images de raids policiers et d’arrestations ont un impact profond sur l’esprit des sans-papiers.
Pour beaucoup, WhatsApp devient ainsi un outil de survie, une manière de s’informer dans un climat d’incertitude et de résister à une situation qui semble de plus en plus inextricable.